5 start-up de la proptech à suivre en 2026 pour révolutionner le marché immobilier
5 start-up de la proptech à suivre en 2026 pour révolutionner le marché immobilier

Entre la hausse des taux, la pression réglementaire (DPE, décret tertiaire, ZAN…) et les nouvelles attentes des occupants, le marché immobilier vit une mue profonde. Au milieu de cette tempête, une génération de start-up proptech est en train de redessiner les règles du jeu. Leur promesse : rendre l’immobilier plus fluide, plus data-driven… et plus rentable pour ceux qui sauront s’adapter.

Pour les PME du secteur (agences, administrateurs de biens, syndics, marchands de biens, artisans du bâtiment, promoteurs locaux), ces acteurs ne sont pas seulement des concurrents potentiels : ce sont aussi des partenaires stratégiques, voire des leviers de croissance. Tour d’horizon de 5 start-up de la proptech à suivre en 2026, et surtout de ce qu’elles changent concrètement pour votre business.

Hosman : l’agence immobilière « full stack » et 100 % transparente

Hosman s’est fait connaître en bousculant le modèle de l’agence immobilière traditionnelle : commission forfaitaire, parcours de vente largement digitalisé, communication hyper transparente avec le vendeur. Là où beaucoup promettaient de « désintermédier » la transaction, Hosman a choisi une autre voie : moderniser le métier plutôt que le supprimer.

Ce qui fait la différence :

  • Un forfait fixe au lieu d’un pourcentage du prix de vente
  • Un suivi en ligne en temps réel (visites, offres, documents)
  • Une forte industrialisation des tâches répétitives (photos, estimations, diffusion multi-portails)

Pour les professionnels de l’immobilier, la question n’est pas de savoir si ce modèle va s’imposer partout, mais combien de temps il faudra pour que les vendeurs l’exigent comme un standard. En 2026, il sera de plus en plus compliqué de justifier une commission à 5 % avec un simple fichier Excel et un panneau « À vendre ».

Ce que cela implique pour une PME immobilière :

  • Digitaliser le parcours vendeur : rendez-vous d’estimation en ligne, signature électronique, suivi des mandats via un espace client.
  • Repenser la structure de coûts : automatiser la prospection et la diffusion des annonces pour consacrer plus de temps au conseil.
  • Différencier l’offre : si vous ne voulez pas passer au forfait, il faudra apporter une valeur perçue nettement supérieure (expertise locale, conseils fiscaux, accompagnement travaux, etc.).

Hosman est le signal faible devenu fort : la valeur ajoutée humaine ne disparaît pas, mais elle doit être visible, mesurable… et appuyée par un socle technologique solide.

Matera : la copropriété sans syndic… ou presque

Matera a attaqué l’un des bastions les plus résistants de l’immobilier français : le syndic de copropriété. Leur proposition initiale était simple : donner aux copropriétaires les outils pour se passer d’un syndic traditionnel, avec une plateforme de gestion, un support juridique et des experts à la demande.

En pratique, Matera n’a pas supprimé le métier, elle l’a redécoupé :

  • La plateforme gère le quotidien : appels de charges, suivi des factures, archives, communication entre copropriétaires.
  • Des équipes internes gèrent le juridique standardisé et une partie de la comptabilité.
  • Les copropriétaires reprennent la main sur les décisions et les prestataires.

Pour les syndics de taille PME, la leçon est claire : l’époque du classeur papier et de l’AG incompréhensible est terminée. En 2026, une copropriété qui ne dispose pas d’un accès en ligne à ses documents et à un reporting clair vivra cela comme une anomalie.

Comment en tirer parti plutôt que de le subir :

  • Passer en mode « syndic augmenté » : s’appuyer sur des solutions de gestion en ligne (ou développer les vôtres avec un intégrateur) pour automatiser la compta, les relances, la diffusion de documents.
  • Monter en gamme sur le conseil : plan pluriannuel de travaux, optimisation énergétique, ingénierie financière pour les copropriétés, mise en conformité réglementaire.
  • Se positionner comme partenaire des outils : plutôt que de les voir comme des ennemis, certains syndics commencent à utiliser des plateformes similaires à Matera pour gagner en efficacité.

L’enjeu n’est donc pas « Matera va-t-elle tuer les syndics ? », mais : « quels syndics accepteront d’abandonner les tâches à faible valeur pour se concentrer sur le pilotage et le conseil ? ».

Deepki : quand la data ESG devient un actif immobilier à part entière

Deepki est l’une des références européennes de la data ESG appliquée à l’immobilier. Leur cœur de métier : collecter, consolider et analyser les données de performance énergétique et environnementale des bâtiments pour aider les propriétaires et gestionnaires à respecter les réglementations (décret tertiaire, taxonomie européenne, objectifs carbone) et à valoriser leur patrimoine.

Concrètement, Deepki se connecte aux :

  • Compteurs (électricité, gaz, eau),
  • Factures des fournisseurs,
  • Systèmes de gestion technique des bâtiments (GTB),
  • Bases de données internes des foncières ou gestionnaires.

À partir de là, la plateforme permet de :

  • Suivre les consommations en temps quasi réel,
  • Identifier les bâtiments « à risque » réglementaire ou économique,
  • Prioriser les travaux pour maximiser le retour sur investissement,
  • Produire des reportings ESG conformes aux exigences des investisseurs.

Pourquoi cette approche est stratégique pour les PME de l’immobilier en 2026 ? Parce que l’immobilier « non aligné » devient, littéralement, invendable ou très décoté. Les acheteurs institutionnels, les banques et même certains particuliers deviennent de plus en plus sensibles à :

  • La classe énergétique,
  • Les trajectoires de décarbonation,
  • Les risques de travaux obligatoires.

Pour une PME, cela ouvre plusieurs leviers :

  • Créer une offre d’audit et de pilotage énergétique en partenariat avec ce type de plateforme, pour accompagner bailleurs, copropriétés ou entreprises utilisatrices.
  • Intégrer la dimension ESG dès l’acquisition : un marchand de biens qui anticipe les contraintes DPE et décret tertiaire aura un avantage compétitif majeur sur ses concurrents « opportunistes ».
  • Valoriser la data comme un argument commercial : un propriétaire capable de présenter un tableau de bord clair de consommations et d’émissions CO₂ lors d’une vente ou d’une location rassure immédiatement les acheteurs/locataires.

En résumé : la performance ESG ne sera plus un « bonus marketing » en 2026, mais une condition d’accès au marché. Les acteurs comme Deepki structurent ce nouveau standard.

Garantme : la sécurisation des loyers à l’ère de l’économie flexible

Garantme s’est positionnée sur un point de friction historique du marché locatif : la garantie des loyers. D’un côté, des propriétaires qui veulent être sûrs d’être payés. De l’autre, des locataires dont les situations professionnelles sortent des cases traditionnelles (freelances, indépendants, contrats courts, étudiants internationaux…).

Leur offre : une garantie de loyers via une assurance et une analyse de solvabilité renforcée, qui permet à des profils « atypiques » de présenter un dossier solide, et aux propriétaires d’être couverts en cas d’impayés.

Ce qui change pour les acteurs traditionnels :

  • Les agences n’ont plus besoin de refuser en bloc les freelances ou CDD, à condition de passer par une solution de ce type.
  • Les propriétaires individuels peuvent déléguer l’analyse de solvabilité à un tiers spécialisé, mieux outillé et objectivé par la data.
  • Les administrateurs de biens peuvent sécuriser leur portefeuille et réduire leurs provisions pour impayés.

À l’horizon 2026, l’essor du travail indépendant, du télétravail et des parcours professionnels non linéaires rend ce type de solution quasiment incontournable. Continuer à se limiter à la fiche de paie en CDI, c’est se prive d’une partie croissante de la demande.

Pour une PME, plusieurs pistes stratégiques :

  • Intégrer systématiquement ce type de garantie dans l’offre de gestion locative, comme un service de base ou une option premium.
  • Structurer une spécialisation « location pour profils atypiques » (digital nomads, freelances, étudiants étrangers) en s’appuyant sur des garanties modernes.
  • Réduire le risque financier en sécurisant les loyers et en améliorant la prévisibilité de trésorerie, un point souvent sous-estimé par les petites structures.

La valeur se déplace : elle ne se situe plus uniquement dans la mise en relation propriétaire/locataire, mais dans la capacité à absorber et gérer le risque. Les proptech de la garantie locative en font un produit standardisé, rapide, compréhensible… et monétisable.

Bricks.co : la financiarisation accessible des petits tickets immobiliers

Dans la galaxie proptech, Bricks.co illustre une autre tendance lourde : la « boursification » de l’immobilier locatif. Leur modèle : permettre à des particuliers d’investir de petits montants (quelques dizaines ou centaines d’euros) dans des biens immobiliers fractionnés, et de percevoir une partie des loyers au prorata de leurs parts.

Au-delà des débats réglementaires et des ajustements inévitables, cette approche envoie un signal fort au marché :

  • La demande d’immobilier comme support d’épargne reste massive, même chez les petits porteurs.
  • Les technologies de fractionnement, de tokenisation et de gestion collective deviennent matures.
  • Les frontières entre immobilier et finance se brouillent encore un peu plus.

Pour les PME de l’immobilier, ce n’est pas qu’une curiosité fintech :

  • Les marchands de biens et promoteurs locaux peuvent imaginer des montages où une partie du capital est apportée par des investisseurs « retail » via des plateformes, en complément des banques.
  • Les agences et conseillers indépendants peuvent élargir leur palette de solutions d’investissement pour capter une clientèle plus jeune, moins capitalisée, mais très active.
  • Les gestionnaires de patrimoine locaux devront intégrer ces produits fractionnés dans leur univers d’investissement, tout en gardant un regard critique sur les risques.

On peut débattre des valorisations, des niveaux de risque ou de la pérennité de chaque plateforme. Mais la trajectoire est claire : en 2026, il sera de plus en plus difficile de défendre un modèle d’investissement immobilier 100 % « analogique », avec uniquement des actes notariés et des tickets d’entrée à six chiffres.

Comment ces start-up redessinent le jeu pour les PME immobilières

Ces cinq exemples ne couvrent qu’une fraction de la proptech, mais ils illustrent quatre mutations profondes auxquelles aucune PME du secteur ne pourra échapper d’ici 2026.

  • La digitalisation du parcours client devient la norme
    De la première estimation de bien jusqu’à l’assemblée générale de copropriété, tout ce qui peut être suivi, tracé, signé et partagé en ligne le sera. Les clients comparent désormais leur expérience immobilière à celle de leur banque en ligne ou de leur e-commerçant favori, pas à celle de l’agence d’en face.
  • La donnée devient un avantage concurrentiel
    DPE, consommations, taux d’occupation, taux d’impayés, coûts de travaux… Ceux qui savent collecter, structurer et exploiter ces informations prennent une longueur d’avance sur les autres. Les plateformes comme Deepki montrent la voie ; les PME doivent au minimum apprendre à exploiter leurs propres données internes.
  • Le risque se mutualise et se packagise
    Avec Garantme et les solutions voisines, l’immobilier locatif se rapproche du monde de l’assurance : le risque ne disparaît pas, il s’analyse et se tarifie. Une PME qui sait intégrer et expliquer ces produits à ses clients augmente immédiatement sa valeur perçue.
  • L’accès au capital se démocratise
    Les modèles de type Bricks.co annoncent un futur où l’investissement immobilier sera plus modulable, plus fractionné, potentiellement plus liquide. Pour les PME, cela ouvre la porte à de nouveaux montages de financement et à de nouvelles catégories d’investisseurs.

Se positionner dès maintenant : quelques pistes très concrètes

Face à ces mutations, la pire stratégie serait d’attendre « de voir » comment le marché évolue. Les PME qui tireront leur épingle du jeu en 2026 sont celles qui auront commencé à expérimenter dès maintenant, à petite échelle mais avec méthode.

Quelques actions pragmatiques à lancer dans les 12 prochains mois :

  • Cartographier vos processus
    Listez toutes les étapes de votre activité : prospection, mandat, visite, offre, signature, gestion, reporting… Pour chacune, posez-vous deux questions simples : qu’est-ce qui est douleur pour le client ? qu’est-ce qui est douleur pour l’équipe en interne ? Ce sont souvent les meilleurs candidats à une solution proptech.
  • Tester au moins deux partenariats proptech
    Par exemple : une solution de garantie de loyers + un outil de gestion de copropriété ou de portefeuille locatif. Fixez-vous un périmètre pilote (un quartier, un type de clientèle) et mesurez l’impact sur :
    • Le temps passé par dossier,
    • Le taux de satisfaction client,
    • La rentabilité moyenne par mandat.
  • Former un « binôme innovation » dans votre équipe
    Il ne s’agit pas de créer un département R&D, mais de désigner deux personnes (terrain + back-office) chargées de :
    • Repérer les solutions pertinentes,
    • Les tester et en faire un retour objectif,
    • Accompagner le reste de l’équipe dans l’adoption.
  • Capitaliser sur votre force historique : la proximité
    La technologie ne remplacera pas votre connaissance fine du quartier, des copropriétés complexes, des acteurs locaux (artisans, notaires, banques). En revanche, elle peut vous aider à :
    • Mettre cette expertise en scène (contenus, newsletters, webinars),
    • La traduire en services facturables (audit de patrimoine, plan de travaux, stratégies locatives),
    • La rendre plus prévisible (tableaux de bord, indicateurs locaux).

La proptech ne signe pas la fin des professionnels de l’immobilier ; elle signe la fin de certaines pratiques héritées d’un monde où ni les clients ni les données n’avaient de nombreuses alternatives. Pour les PME suffisamment agiles pour s’approprier ces nouveaux outils, les années qui viennent ressembleront moins à une menace qu’à un vaste terrain de jeu.

By Remi